HomePolitique«A bas la dictature» : Cuba secouée par un soulèvement inédit

«A bas la dictature» : Cuba secouée par un soulèvement inédit

Des millliers de Cubains sont descendus dans la rue dimanche. La pandémie de Covid-19 a plongé l’île dans sa plus grave crise économique depuis 30 ans, aggravant les pénuries d’aliments et générant un fort malaise social.

Excédés par la crise économique, des milliers de Cubains ont défilé dimanche à travers le pays, aux cris de « A bas la dictature ! ». De son côté, le président Miguel Diaz-Canel a appelé ses partisans à répliquer dans la rue. « L’ordre de combattre a été donné, dans la rue les révolutionnaires ! », a lancé, dans une allocution télévisée, le chef de l’État, qui a accusé « la mafia cubano-américaine » d’être derrière ces manifestations.

« Nous appelons tous les révolutionnaires du pays, tous les communistes, à sortir dans les rues où vont se produire ces provocations, dès maintenant et les prochains jours. Et à les affronter de manière décidée, ferme et courageuse », a-t-il ajouté.

Diffusées sur les réseaux sociaux, les manifestations anti-gouvernement ont commencé de façon spontanée dans la matinée, événement rarissime dans ce pays gouverné par le Parti communiste, où les seuls rassemblements autorisés sont généralement ceux du parti.

« Qu’ils s’en aillent ! »

« À bas la dictature ! », « Qu’ils s’en aillent ! », criaient notamment plusieurs milliers de manifestants à San Antonio de los Baños, une petite ville à une trentaine de kilomètres de La Havane. « Liberté ! », scandaient quelques centaines d’autres à La Havane en différents rassemblements, où des échauffourées ont eu lieu entre manifestants et forces de l’ordre.

Au moins dix personnes ont été arrêtées et plusieurs policiers ont utilisé des tuyaux en plastique pour frapper des manifestants, tandis que la ville était placée sous un important déploiement militaire. Moteur d’un nombre croissant de revendications depuis son arrivée à Cuba fin 2018, l’Internet mobile était coupé dans une grande partie du pays dimanche après-midi.

La pandémie de Covid-19 a plongé Cuba dans une grave crise économique, la pire depuis 30 ans, aggravant les pénuries d’aliments et de médicaments et générant un fort malaise social. Les difficultés économiques ont poussé les autorités à couper l’électricité plusieurs heures par jour. « La situation énergétique semble avoir échauffé certains esprits ici », a reconnu Miguel Diaz-Canel, accusant les sanctions américaines d’être responsables de la crise.

Des « révolutionnaires désorientés »

Le président a toutefois reconnu que « des gens sont venus manifester leur insatisfaction », parlant de « révolutionnaires désorientés ». Mais « nous sommes beaucoup, et moi le premier, à être prêts à donner la vie pour cette révolution », a-t-il lancé. « La révolution cubaine, nous la défendrons coûte que coûte ! », a également clamé le vice-ministre des Affaires étrangères, Gerardo Peñalver, en partageant une vidéo de partisans communistes défilant aux cris de « Je suis Fidel ! ».

Ce soulèvement historique alarme également la communauté internationale. Sur Twitter, Julie Chung, secrétaire d’État adjointe des États-Unis pour les Amériques, a appelé « au calme », ajoutant être « très inquiet(e) par les appels au combat à Cuba ».

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