une interdiction généralisée n’est pas justifiée, jugent les experts

Le comité d’experts mis sur pied par l’Agence du médicament (ASNM) a rendu ses conclusions vendredi.

Il n’est pas justifié d’interdire en bloc tous les implants mammaires texturés, un type de prothèses soupçonné de favoriser une forme rare de cancer. C’est ce qu’a estimé vendredi 8 février le comité d’experts mis sur pied par l’Agence du médicament (ANSM), en se rangeant à l’avis des chirurgiens esthétiques. Ce comité demande en revanche l’interdiction du principal modèle mis en cause dans la survenue de lymphomes anaplasiques à grandes cellules (LAGC), les Biocell de la société Allergan, sans recommander toutefois de retrait préventif pour les femmes qui le portent. “Sur la base de cet avis, l’ANSM prendra une décision dans les prochaines semaines”, a indiqué l’agence du médicament.

Dans le cadre de la chirurgie reconstructrice (après un cancer du sein), “l’utilisation des implants texturés n’est pas indispensable mais demeure indiquée dans un certain nombre de situations”, a estimé le comité dans un avis rendu public par l’ANSM. “Dans le cadre de la chirurgie esthétique, l’utilisation des implants texturés n’est pas indispensable mais peut rester une option parmi d’autres dans un certain nombre de situations”, a ajouté le comité. Dans les deux cas, les implants texturés, qui représentent 83% du marché français, peuvent apporter un “bénéfice avéré” en termes de “forme anatomique, de stabilité” et de réduction des risques de rétractation des tissus autour de la prothèse, selon le comité.

Depuis 2011, cinquante-six cas de LAGC ont été recensés chez des femmes porteuses d’implants mammaires. Trois en sont décédées. La quasi totalité des patientes touchées par ce lymphome rare et agressif étaient porteuses d’implants à surface texturée (la pellicule entourant le silicone est rugueuse, par opposition aux implants lisses). C’est pourquoi l’ANSM a mis en place ce comité pour entendre toutes les parties prenantes jeudi et vendredi.

Dans les faits, les Biocell d’Allergan ne sont déjà plus disponibles. Le fabricant américain a dû les retirer du marché mi-décembre après avoir perdu le marquage CE qui permet de les vendre en Europe. Le laboratoire n’avait pas présenté les données additionnelles demandées par l’organisme certificateur dans les délais impartis. Trois femmes portant des implants Allergan, l’un des principaux acteurs de ce segment de marché, ont déposé plainte cette semaine contre X, à Paris et Marseille, pour “mise en danger délibérée de la vie d’autrui”.

Dans l’avis rendu vendredi, le comité réclame “une information rigoureuse et complète des patientes sur ces dispositifs médicaux dont l’utilisation n’est pas anodine” et “sur le suivi annuel (au minimum clinique et échographique) auquel leur pose doit donner lieu”. Par ailleurs, il appelle de ses voeux la création d’un “registre national des implants mammaires” pour recenser toutes les prothèses implantées et retirées en France.


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