décembre 10, 2017

Réactions des producteurs privés d’électricité aux déclarations de Luis Alberto Moreno

Réactions des producteurs privés d’électricité aux déclarations de Luis Alberto Moreno

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« La subvention qui est donnée est donnée aux clients de l’ED’H, pas aux producteurs », a estimé Reynold Bonnefil, qui partage le commentaire de Carl Auguste Boisson d’E-Power.

Le directeur général d’E-Power, Carl Auguste Boisson, réagissant aux déclarations du président  de la BID, Luis Alberto Moreno, a confié au journal « En ce qui a trait au secteur électricité, la raison principale de nos problèmes est la défaillance presque totale du système de collection des ventes de l’EDH (75,696 clients qui payent sur un total d’environ 600,000 connexions au réseau, soit 12.6% de performance) ». 

« Tant que ce problème existera, le déficit du secteur ne sera pas résolu. C’est à ce problème qu’il faut s’attaquer d’abord et avant tout et je suis profondément surpris de ne pas entendre M. Moreno s’exprimer là-dessus ! », a dit Carl Auguste Boisson, soulignant que sa formation d’ingénieur le porte « à analyser les problèmes pour en découvrir les raisons principales et agir sur les plus importantes d’abord ». 

« Certes, il y a moyen de réduire les coûts de production de l’électricité en Haïti et les producteurs privés n’ont pas attendu les déclarations de M. Moreno pour analyser ce problème avec le gouvernement en avril 2016 et pour approfondir leur travail et le soumettre formellement aux autorités respectivement en septembre et décembre 2016. Ils avaient alors proposé à l’État des pistes capables de réduire les coûts de production actuels d’environ $35 millions par an », a souligné Carl Auguste Boisson. 

« De plus, a-t-il poursuivi, les producteurs privés d’électricité n’ont pas cessé de recommander à l’État haïtien de recourir au mécanisme d’appel d’offres pour faire jouer la compétition et aboutir aux prix les plus bas disponibles sur le marché pour les nouvelles productions d’électricité envisagées ». 

« D’ailleurs, nous nous sommes plaints haut et fort quand, après le cyclone Matthew, la même BID était sur le point de signer un contrat gré à gré avec un fournisseur privé d’électricité pour la ville des Cayes », a indiqué Carl Auguste Boisson, soulignant qu’il est resté persuadé « que seule la compétition transparente et ouverte permettra d’atteindre le meilleur prix pour la production d’électricité ».

« Nous pensons qu’il est crucial pour un État comme le nôtre de respecter les engagements formels qu’il prend car, au delà des contrats signés, c’est la crédibilité de l’État qui est en jeu. Qui aura confiance, quelle banque étrangère ou haïtienne risquera ses fonds pour financer des infrastructures à long terme en Haïti si chaque gouvernement qui arrive décide de remettre en question les décisions prises par les administrations passées ? Comment allons-nous développer notre pays si nous détruisons la confiance dans les décisions prises par l’État dans le respect de la loi ? », s’est interrogé Carl Auguste Boisson, qui rappelle le contexte et les acteurs impliqués dans le projets E-Power.  

« E-Power a gagné un appel d’offres international, préparé avec l’aide d’experts délégués par la Banque mondiale. La BID elle-même a sérieusement considéré de financer E-Power entre 2008 et 2009. Nous avons finalement opté pour un financement de la SFI (filiale privée de la Banque mondiale », a révélé le directeur général d’E-Power, Carl Auguste Boisson. 

«  E-Power a respecté scrupuleusement toutes les lois haïtiennes, elle est la source d’énergie la moins chère du pays, mis à part Péligre. Elle délivre chaque mois environ 20 millions de kWh dans le réseau métropolitain et elle est le fruit de la confiance de 126 Haïtiens « natif natal » qui ont cru qu’ils pouvaient faire confiance à leur État et aux lois de la République. Où est le crime ?”, s’est demandé Carl Auguste Boisson qui, par ailleurs, a indiqué que « le nombre de clients payants est déduit des informations publiées sur le site web du MEF ». 

Haytrac explique..

 « Je crois que le président Moreno est une personne qui aime beaucoup Haïti, a été un peu mal informé du montant de subvention donné aux producteurs de l’électricité », a confié au journal le responsable de Haytrac, Reynold Bonnefil. « La subvention qui est donnée est donnée aux clients de l’ED’H, pas aux producteurs », a indiqué Reynold Bonnefil, qui partage cette information communiquée par Carl Auguste Boisson dans la presse. La quantité de personnes qui paient les factures est très faible, a dit Reynold Bonnefil, soulignant que c’est grâce aux efforts de l’ED’H que « cela a l’air d’aller mieux ». 

Le patron de Haytrac dit être choqué mais pas surpris par rapport aux commentaires de Luis Alberto Moreno. « L’ex-représentant résidente de la Banque mondiale, Marie Barton Doc s’en prend depuis des années aux producteurs », a expliqué Reynold Bonnefil, qui veut une négociation avec l’ED’H. « Nous autres, dans le Sud, nous travaillons sans lettre de garantie depuis près de quatre ans et l’ED’H nous doit beaucoup, beaucoup d’argent. Nous faisons des sacrifices pour pouvoir continuer  et plaire à notre clientèle du Sud, de Miragoâne jusqu’à Port-Salut », a-t-il dit, soulignant que Haytrac n’a pas de contrat depuis des années. « Je suis pour la négociation pour une raison très simple. Je travaille avec l’ED’H sans lettre de garantie, sans contrat formel depuis quelque temps. C’est une chose que nous demandons depuis des années à l’ED’H et continuons comme cela pour servir la grande clientèle du Sud, de Miragoâne à Port-Salut », a indiqué Reynold Bonnefil. Interrogé sur le coût plus élevé du kilowatt/heure de ses usines, Reynold Bonnefil indique que ses usines sont différentes.

« Nos usines ne sont pas pareilles aux usines de Port-au-Prince ni celles de St-Domingue. Nos usines ont été montées à partir d’un appel d’offres donné à l’époque pour travailler au diesel. Et nous travaillons malheureusement au diesel avec des machines de 1800 tours par minute », a-t-il dit, expliquant que « 80 % du prix du kilowatt/heure vient du prix du diesel ». « En province, à part le coût du diesel, il y a les pertes que nous subissons. L’ED’H voit et constate ces problèmes. Ce sont des choses qui doivent être prises en considération », a appelé Reynold Bonnefil, qui qualifie d’excellente l’annonce du président Jovenel Moïse d’augmenter la puissance disponible. Il y a ouverture du secteur, appel d’offres pour que le meilleur gagne, comme Haytrac avait gagné un appel d’offres de l’ED’H, a dit l’homme d’affaires, qui dément les allégations en rapport aux financements des manifestations de l’opposition par les fournisseurs privés de courant électrique. « C’est tout à fait faux. Je n’ai jamais, au grand jamais, assisté à aucune réunion de producteurs parlant de ça ou même discutant de la possibilité d’une chose pareille. S’il y a un problème, on s’asseoit, on discute, il n’y a pas de raison de gagner les rues pour cela », a confié Reynold Bonnefil dans cette interview exclusive au journal lundi soir.

Sogener, laconique…

Contacté par le journal, Dimitri Vorbe de la compagnie Sogener a seulement posé une question : «  Qui peut me dire les vrais ennemis ou amis d’Haïti ? » « Je ne dirai rien de plus à Moreno », a-t-il indiqué par rapport à son commentaire laconique.

« Il n’y a aucune raison dans le monde d’aujourd’hui pour que l’énergie produite par les trois compagnies privées soit si chère. C’est quelque chose qu’il faut aborder », avait estimé Luis Alberto Moreno, soulignant que pour que le pays finisse par avoir accès à des crédits sur le plan international, il faut sortir du déficit public créé par le financement du secteur de l’énergie électrique. « …Je sais que les différentes compagnies d’énergie n’ont pas été les meilleurs partenaires d’Haïti. Je pense que dans tout partenariat, vous avez besoin d’avoir des partenaires qui, à la fin de la journée, ne regardent pas uniquement  leur propre revenu mais celui du peuple d’Haïti. Si elles (NDLR : les compagnies)  améliorent les conditions du peuple, elles auraient bien fait. C’est comme cela que nous aimerions le voir », avait poursuivi le président de la BID, Luis Alberto Moreno, favorable à la renégociation des contrats, comme annoncé par le président Jovenel Moïse. Luis Alberto Moreno avait estimé lors d’une interview exclusive au journal que c’est une décision très courageuse prise par le chef de l’État haïtien.

Source Le Nouvelliste







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