novembre 22, 2017

Non à la violence structurelle, oui à la mobilisation pacifique

Non à la violence structurelle, oui à la mobilisation pacifique

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imageKrelens Titus

 « La pauvreté est un crime dont l’argent est l’arme, et la cupidité le mobile. »

 Pierre André Dupont

 En Haïti, nous avons un problème de classes et de couleur ; nous faisons face à un racisme qui ne dit pas son nom. Haïti est un pays où une minorité se base sur la couleur de la peau pour marginaliser et asservir la majorité des citoyens. La pauvreté qu’on vit en Haïti est un crime dont l’argent est l’arme et la cupidité le mobile comme le dit si bien notre ami Pierre André Dupont. D’entrée de jeu, je dois dire à tout un chacun que, moi Kerlens Tilus, futurologue et Templier de Dieu, je ne cautionne pas la violence. Je condamne la violence sous toutes les formes. En Haïti, nous sommes en face d’une violence structurelle. Le pouvoir économique est entre les mains d’une minorité de vautours qui ne se considèrent pas comme des Haïtiens et qui tire les ficelles des renégats de la classe politique. L’Etat haïtien agit comme un état cannibale, prêt à dévorer les nègres haïtiens au détriment des Arabes, Juifs, Mulâtres et Blancs. Il est inconcevable que des hommes d’affaires qui ramassent des dizaines et centaines de millions ne paient pas de taxes et impôts à cause de la démission de l’Etat haïtien. Le budget 2017-2018 que le parlement vient de voter dans les deux chambres est un budget « chanpwèl » qui ne prend pas en compte les revendications des masses. C’est un budget de fonctionnement qui ne prévoit aucun investissement pour la création d’emplois et fournir des services de base. Quand dans un budget, on n’augmente pas le budget alloué à l’éducation, surtout l’éducation supérieure, quand la justice est traitée en parent pauvre et la santé reçoit une pitance alors que le parlement a trouvé une augmentation de 75%, c’est inacceptable. 

 Les dirigeants haïtiens ne sont pas tous des imbéciles. Nous avons des hommes en Haïti au timon des affaires qui ont fait les grandes écoles en France, et des Ivy League en Amérique du Nord. Certes, nous avons une carence de main d’œuvre qualifiée dans le pays, mais nous avons assez de professionnels capables de mettre le pays sur le rail d’un dialogue inter-haïtien pour établir un blueprint ou un map afin de décider de l’orientation qu’on veut donner au pays. Il n’est pas possible qu’en ce 21e siècle l’éducation primaire est un luxe en Haïti. Le pouvoir de Michel Martelly avait consulté des économistes comme Nesmy Manigat qui lui avait suggéré de prélever une taxe sur les transferts de fonds pour respecter cette clause de la constitution haïtienne qui stipule l’éducation primaire pour tous. Cette taxe a été prélevée et la diaspora voulait contribuer au relèvement du défi que pose l’éducation de base. Malheureusement, les gens qui gèrent ce fonds ont préféré agi en politiciens au lieu d’agir comme des professionnels sensés et venir avec un plan détaillé pour donner l’indication que cette taxe est mise à profit des enfants du pays. Ce n’est pas possible que des boursiers formés en Afrique, en Amérique Latine, un peu partout à travers le monde ne puissent intégrer la fonction publique, alors qu’il y a une grande demande pour les services publics. L’Etat haïtien est démissionnaire et cette démission vient de la méchanceté et du refus manifeste d’un petit groupe d’accepter que les gens issus du peuple sont des humains à part entière. 

 Depuis plusieurs semaines, sur toutes les lèvres c’est une affaire de budget. L’exécutif, à travers le Ministère de l’Economie et des Finances devrait pouvoir expliquer à la population  le bien-fondé de ce budget et en quoi le budget est bénéfique à la population toute entière. C’est le silence absolu. Même les parlementaires qui ont voté le budget ne peuvent pas justifier leur vote. L’inculpé Jovenel Moise sait qu’il a un déficit de légitimité ; il sait qu’il est au service de la classe des nantis ; il sait qu’il ne pourra pas gouverner s’il décide de se comporter en pourfendeur des masses. Il faut que ces politiciens et des individus qui se disent être des hommes et femmes d’Etat prennent conscience. Nous ne pouvons pas descendre beaucoup plus bas. Quand est-ce que nous, Haïtiens allons cesser d’être la risée du monde ? Quand est-ce que nous, Haïtiens allons prendre notre destin en mains pour construire un pays vivable pour les enfants, les jeunes et tout un chacun ? Quand est-ce que nous, Haïtiens allons faire ce « leve kanpe » pour dire non à l’abjection, non aux fatras, non à l’inculture, non à la haine, non à la pauvrete, non à la violence structurelle. Nous, jeunes Haïtiens d’Haïti et de la diaspora devrons trouver cette formule pour chambarder le système satanique « peze souse » imposé par une frange de la mafia internationale associée à la classe des nantis et aux politiciens véreux, ainsi que les intellectuels noirs de la classe moyenne. 

 Je suis pour des manifestations pacifiques dans tout le pays, mais je refuse de cautionner la violence et les casses. En ce moment, aucun politicien de l’opposition n’est assez crédible pour conduire un mouvement de protestation face au régime tèt kale en place. Tout dirigeant qui décide d’organiser une manifestation doit négocier avec la PNH afin que cette dernière puisse garantir le droit à la vie, et protéger les vies et les biens. Ce ne sont pas les nantis qui sont dans les rues de Port-au-Prince quand les manifestations sont dans les rues. Les voitures qui sont incendiés, ceux dont les vitres sont brisées sont bel et bien les voitures des éléments de la classe moyenne qui subissent la violence structurelle au même titre que les pauvres malheureux. La PNH et le Ministère de la Justice doivent laisser les gens manifester pacifiquement. Ce qui s’est passé aujourd’hui dans les rues de la capitale où des entreprises privées ont été saccagées est le résultat du refus d’hier de la PNH de laisser les gens exprimer leur ras-le-bol et leur inconfort. Le Directeur Général de la Police Nationale d’Haïti et le Ministre de la Justice doivent savoir que la population a le droit de manifester pacifiquement sur les artères publiques pour revendiquer leurs droits. Depuis plus de 30 ans, les revendications n’ont pas changé : droit à un travail bien rémunéré pour nos jeunes diplômés, accès aux services de base : eau, électricité etc., droit à l’éducation pour nos enfants et nos jeunes, accès à la sécurité, droit à la vie en général. 

 Haïti est un pays en phase d’éclatement et c’est dommage si ceux qui dirigent font la sourde oreille. Tôt ou tard, ils finiront par l’accepter et tôt ou tard le recours à la révolution sera un passage obligé et un fait constaté. On ne fait pas souffrir ainsi un peuple. La condition matérielle d’existence de mes frères Haïtiens est exécrable. Parlant de condition matérielle d’existence, je me demande bien s’il y a une classe moyenne en Haïti. Si tel était le cas, les revendications ne viendraient pas de politiciens traditionnels arnaqueurs professionnels, mais bien d’organisations soucieuses et responsables de la société civile. Nous devons repenser le leadership de la société civile en Haïti. Les jeunes professionnels du droit et les spécialistes en sciences humaines et sociales du pays ont la lourde responsabilité de prendre en mains le mouvement de revendications sociales. Quand on laisse le champ libre aux politiciens, nous courrons tous le risque d’être embourbé parce que le politicien offre ses services à qui peut les acheter. Les mouvements de revendication suivent un cycle en Haïti. Tel pseudo leader du peuple poursuit la lutte, et puis un bon matin il est appelé sur la table de négociation et on lui demande quel est ton prix et il négocie. Les casses qui s’effectuent en Haïti en ce présent moment sont l’expression de la volonté d’un petit groupe d’assassins qui s’autoproclament leaders politiques et militants qui sont à la même enseigne que les hommes au pouvoir que l’inculpé Jovenel Moise. Quand on organise des manifestations ou des protestations violentes c’est le peuple qu’on enlise dans la misère et dans la crasse beaucoup plus.

 Le budget de la honte 2017-2018 devrait servir de prétexte à toutes les organisations de la société civile et les forces vives de la nation pour faire un « leve kanpe » et dire halte-là à la classe des nantis et aux politiciens véreux de la classe politique haïtienne. Aujourd’hui, je ne vois pas la main du Blanc, bien que je sache qu’elle soit là. Cette crise est haïtienne. J’observe et je vois des hommes et femmes cupides qui ont le gout du luxe et du lucre. Je vois l’argent sale qui s’érige comme une arme de combat. Tous les jeunes ne pourront pas fuir le pays. A un certain moment, soit nous affrontons nous bourreaux, soit nous mourrons comme des chiens. La diaspora qui supporte le pays financièrement est traitée en parent pauvre et elle ne pourra pas continuer à être une vache à lait. Avec la globalisation et les menaces de guerre, certaines puissances mondiales vont connaitre des soubresauts, et la diaspora haïtienne ne pourra pas continuer à jouer le rôle de pompiers. Il faut qu’un jour que cette diaspora puisse s’unir pour donner la main aux miséreux de la terre d’Haïti pour monter un front uni capable de tacler les thuriféraires qui nous tiennent attachés à la misère et la crasse à cause du racisme, la cupidité et la méchanceté. La violence engendre la violence dit-on. Nous sommes prêts à accompagner le peuple et les jeunes dans tout mouvement de revendication pacifique, mais nous ne supporterons aucune idée de casse, de lynchage, de matraquage et d’infliger des sévices corporelles à quiconque. Nous devons faire une révolution de la pensée avant tout. Nous devons former cette masse critique, définir notre haitianité et lancer un mouvement de résistance pacifique de grande envergure.

 Nous sommes patients et nous nous préparons pour répondre à l’appel quand le lambi de rassemblement retentira. Peuple haïtien, ne fais confiance à aucun leader politique sur le terrain qui t’invite à faire usage de la violence pour faire entendre ta voix. Avec la non-violence, au moyen des marches pacifiques, et avec l’usage d’outils pacifiques, nous pouvons tacler et éliminer le système « peze souse ». Nous sommes en période de consultation. Au moment opportun, le grand mouvement de revendications de la jeunesse et des appauvris s’érigera et nos bourreaux comprendront que le jeu macabre est terminé. L’Eternel des armées a déjà fait provision pour ce peuple ; il ne reste qu’aux jeunes soucieux et consciencieux de prendre leurs engagements et d’assumer leurs responsabilités. Nous avons marre des politiciens qui sont armés des armes de violence structurelle et de violence organisée pour nous porter à nous autodétruire et nous entretuer. L’heure est venue pour que les ayant droit, les appelés de ce pays et les jeunes capables puissent monter ce réseau et ce grand mouvement pour enclencher la révolution pacifique. Nous répondons à l’appel et nous attendons d’autres frères et sœurs à la table de concertation. Nous disons : non à la violence structurelle, oui à la mobilisation pacifique.

 Kerlens Tilus   09/12/2017

Futurologue/ Templier de Dieu

[email protected]

Tel : 631-639-0844





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