décembre 10, 2017

Les lundis de la presse, des questions laissées sans réponses

Les lundis de la presse, des questions laissées sans réponses

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Le ministère de la Communication a réalisé la 20e édition des lundis de la presse. Cette initiative, débutée le 5 juin dernier, consiste à permettre aux ministres, secrétaires d’Etat et  directeurs généraux de communiquer leurs actions à la presse. Pour cette 20e édition, les lundis de la presse a reçu au Bois-Verna le chef du gouvernement, Jack-Guy Lafontant. La pointure de cet invité de marque a, semble-t-il, porté les responsables du ministère de la Communication à bousculer le rituel des conférences de presse. 

D’abord, il avait fallu que, tour à tour, Paul Villefranche -responsable de communication du ministère-, Calvin Cadet -directeur du ministère- et Limond Toussaint -ministre de la Communication-, fassent leur mise en contexte. Après les monotones « mises en contexte », Jack Guy Lafontant prend position derrière le pupitre, déplie l’action gouvernementale. Point par point, parfois avec ses anecdotes de médecin, JGL égrène plans et réalisations de son équipe gouvernementale pour la justice, la sécurité, l’éducation, les infrastructures, l’agriculture, etc. Il en a profité pour faire taire les critiques selon lesquelles il est muet et transparent. « Nous avons préféré de travailler au lieu de parler », a-t-il rétorqué. 

Le changement de méthodologie  du ministère de la Communication a surgi lors de la séance de questions au Premier ministre. Le responsable de communication Paul Villefranche a délibérément choisi une journaliste de la radio publique pour la première question alors que le Nouvelliste le lui avait demandé bien avant la fin de l’exposé du PM. Pour la deuxième question, Paul Villefranche a choisi une autre journaliste parce que, argue-t-il, celle-ci vient aux conférences tous les lundis. Par conséquent, elle a la préséance sur tous les autres journalistes. A Paul Villefranche de poursuivre que celle-ci avait demandé de poser sa question bien avant la conférence. Surtout on ne cherchera pas à comprendre comment peut-on avoir une question sur un exposé dont on ignore le thème et qui n’a pas encore lieu. Au fond, le responsable de communication peut avoir raison puisque la question de la journaliste a été rédigée avec une plume à l’encre noire alors qu’elle tenait une plume à l’encre bleue. La question a-t-elle été rédigée à l’avance? La réponse à cette question semble être aussi mystérieuse que la raison pour laquelle certains journalistes n’ont pas été autorisés par le responsable de communication à poser des questions.

Malgré  la rafale de remontrances des journalistes, mécontents d’être mis à l’écart vraisemblablement à cause d’un set-up bien ficelé, Paul Villefranche est resté impassible et a poursuivi ses sélections. Quand on lui demande si cette attitude sous-entend que Le Nouvelliste n’est pas le bienvenu dans les conférences de presse du ministère, il hoche les épaules. A comprendre: ce n’est pas son problème. Face aux complaintes des journalistes, Jack Guy Lafontant a décidé d’accorder deux questions de plus. Encore une fois, Paul Villefranche, avec beaucoup d’élégance, a ignoré les demandes des journalistes du Nouvelliste, des radios Signal FM, Galaxie, Kiskeya ou encore Vision 2000. Même l’intervention d’un responsable de communication ne le convaincra pas d’accorder une question au Nouvelliste. 

Au bout d’une heure, le PM a parlé et communiqué sur son action. Cependant les lecteurs, auditeurs et téléspectateurs doivent encore patienter avant d’avoir plus d’explications sur l’augmentation des recettes annoncées par le PM. Il est parti sans fournir des informations relatives à l’avenir du budget 2017-2018 alors que l’Assemblée nationale, convoquée à l’extraordinaire, doit notamment plancher sur un projet de loi modifiant l’article 159 du décret du 29 septembre relatif à l’impôt sur le revenu. Celui qui assure également le rôle de président du Conseil supérieur de la police nationale (CSPN) est parti sans annoncer les mesures prises par la PNH pour sécuriser le pays alors que plusieurs policiers sont tombés sous les balles des bandits la semaine écoulée. Le PM est parti sans apporter des éclairages sur l’enquête sur le scandale des kits scolaires alors qu’au début il avait annoncé que son gouvernement menait une lutte sans merci contre la corruption. Il est parti sans préciser quelle est l’instance chargée de l’application stricte des mesures relatives à une gestion rationnelle des ressources de l’État. Il a pourtant parlé pendant plus d’une heure et a répondu à des questions.

Jean Daniel Sénat source le nouvelliste







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