août 21, 2017

Jeudi de Saint Louis: Zoom sur le secteur énergétique en Haïti

Jeudi de Saint Louis: Zoom sur le secteur énergétique en Haïti


imageJeudi de Saint Louis, première bougie et zoom sur le secteur énergétique en Haïti

La 8e édition des « Jeudi de Saint-Louis », initiative de la Fondation des Anciens de Saint-Louis de Gonzague (FASLG), qui s’est tenue le jeudi 10 août 2017, à l’hôtel Karibe, autour du thème « Energie en Haïti : Défis et opportunités aujourd’hui », revêtait une allure festive. Non pas à cause de l’acuité du sujet, qui a tenu en haleine l’assistance pendant plus de deux heures, mais plutôt à cause de la célébration du 1er anniversaire de ces rencontres-débats.

« Jeudi de Saint-Louis un an déjà, c’est tout jeune et en même temps énormément de travail en grande partie bénévole », s’est exclamé Almiracle Saint-Fort, président de la Fondation des Anciens de St-Louis de Gonzague (FASLG), dans son discours de circonstance. « Nous avons eu un parcours très enrichissant », s’est réjoui l’ancien de Saint-Louis louant la ténacité du comité des Jeudi de Saint-Louis avant d’ajouter : « Nous souhaiterions que les Jeudi de St-Louis puissent faire école ».

Pour débattre de cette question fondamentale à l’avancement de notre pays, des intervenants de choix ont été proposés au public en les personnes du Dr René Jean Jumeau, directeur exécutif de l’Institut haïtien de l’énergie (IHE) et ancien ministre délégué en charge de la sécurité énergétique ; du Dr Evenson Calixte, doyen de la Faculté des sciences de l’Université Quisqueya et conseiller de la présidence en technologie énergétique ; de l’ingénieur Carl Auguste Boisson, CEO d’E-power ; et du Dr Alain Guillaume, spécialiste en droit public, droit de l’environnement et droit de l’énergie.

 Bien avant que le coup d’envoi de cette rencontre-débat ne soit donné, il incombait au Dr Marc Antoine Archer d’effectuer la mise en contexte du sujet, de dresser le panorama que les panélistes allaient commenter. D’entrée de jeu, ce vieux routier s’est dit heureux, après 15 ans de lutte dans le secteur de l’énergie, de voir que les Haïtiens commencent à s’intéresser au secteur. Le Dr Archer a, dans un premier temps, précisé que l’énergie n’est pas seulement de l’électricité ni le charbon de bois pour, dans un second temps, admettre volontiers qu’il « nous en faut pour être compétitifs », tout en alertant sur les coûts énergétiques très élevés en vigueur en Haïti. 

Afin de mieux cadrer ces propos, le Dr Archer s’est appuyé sur le rapport Choiseul 2016, qui compare 146 pays à travers le monde en ce qui a trait à leur compétitivité énergétique, leur performance. Et, selon ce rapport, Haïti se retrouve parmi les pays défaillants. « Non pas en tant que pays défaillant seulement sinon le plus défaillant parce que nous sommes le 146e pays sur 146 », a martelé le spécialiste en énergie. 

Pour sortir de l’ornière de pays énergétiquement défaillants, le Dr René Jean Jumeau, après avoir passé au peigne fin le secteur, analysant ses différents défis et opportunités, en est venu à suggérer que « ce n’est pas à l’État de tout faire » dans le cadre d’un éventuel processus de réforme de l’électricité en Haïti.

L’expert en a profité pour fustiger le réflexe de nos dirigeants qui, à chaque fois qu’ils tentent d’aborder le faible accès de la population à l’électricité, ne pensent qu’à faire augmenter la capacité de production d’électricité du pays. « Ce n’est pas nécessairement cette approche-là qui va nous aider. Ce qui va nous aider c’est […] une réforme du secteur », a-t-il déclaré péremptoirement.

Un secteur où 75% des besoins énergétiques du pays sont satisfaits par le bois de feu et le charbon de bois, les produits pétroliers représentent 20% des besoins en énergie et l’accès de la population urbaine à l’électricité se situe autour des 30% quand il ne dépasse pas les 6% en milieu rural.

Carl Auguste Boisson, CEO d’E-power, a plutôt circonscrit son intervention dans les opportunités que renferme le secteur de l’électricité en Haïti. En ce sens, l’ingénieur, pragmatique, voit en l’immense majorité des Haïtiens qui n’ont pas encore accès à l’électricité une opportunité. « Cela veut dire qu’il y a un grand marché, […] beaucoup de places, […] un potentiel de croissance qui est énorme », a-t-il fait remarquer, insistant sur le fait qu’il faut investir pour pouvoir renverser la tendance. « L’électricité n’est pas une commodité gratuite », a rappelé M. Boisson.

En comparaison, la capacité énergétique de la République dominicaine est 13 fois supérieure à celle d’Haïti et la consommation de la République voisine est un plus de 10 fois celle que nous avons ici en Haïti.

 Pour sa part, le Dr Evenson Calixte a fait une présentation complémentaire à celle du Dr Jean Jumeau. En termes de défis auxquels Haïti doit faire face, il a campé le contexte régional où sur les 9 millions de personnes dans les Caraïbes qui n’ont pas accès au courant électrique, 7 millions d’entre eux sont haïtiens. Il a aussi relevé deux postes de concentration qui en disent long sur le parcours de combattant que nous aurons à emprunter afin de pouvoir inverser la tendance. D’abord, 85% de la production électrique en Haïti est produit à partir du pétrole et, ensuite, la région métropolitaine absorbe presque les trois-quarts de la production électrique du pays. 

En termes d’opportunités, le conseiller de la présidence a entre autres préconisé la dotation du pays d’un réseau électrique intégré intelligent, l’innovation au cœur de nos activités énergétiques tant du côté de l’offre énergétique que du côté de la demande, d’avoir chez les usagers des compteurs intelligents qui permettent au consommateur automatiquement de mieux contrôler sa consommation, l’utilisation des voitures électriques.  

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Patrick St Pre source le nouvelliste







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