octobre 20, 2017

Jean Beausejour, origine Haïti, histoire Chili

Jean Beausejour, origine Haïti, histoire Chili


« Cette génération possède quatre joueurs hors norme et Claudio (Bravo) est l’un d’eux », disait-il après l’exploit du gardien qui a arrêté les trois tirs au but portugais lors de la séance fatidique à l’issue de la demi-finale de mercredi à Kazan remportée face aux champions d’Europe (0-0 a.p., 3-0 t.a.b.). Il faisait ainsi allusion au patron de chaque ligne : Gary Medel derrière, Arturo Vidal au milieu et Alexis Sanchez devant.

Mais « Bose » (prononcé « Bossé »), comme on le surnomme, fait partie du noyau de cette « génération dorée » qui a défloré le palmarès du Chili avec la conquête des éditions 2015 et 2016 de la Copa America, à chaque fois contre l’Argentine de Messi en finale.

Le gaucher est même l’un des sept rescapés du Mondial-2010. Et c’est lui qui avait fêté les retrouvailles de la Roja avec la Coupe du monde au bout de 48 ans, en marquant le but de la victoire contre le Honduras. En 2014 au Brésil, il est même devenu le premier Chilien à marquer dans deux Coupes du monde d’affilée.

Mère mapuche

Beausejour en est désormais à 6 buts en 94 capes. Il avait débuté très tôt, à 19 ans en 2004, mais ne s’est véritablement installé dans son couloir que sous l’ère Marcelo Bielsa (2007-2011), l’homme qui a su exploiter les qualités de la meilleure génération de l’histoire du Chili.

Il a désormais 33 ans mais ne devrait pas tarder à devenir centenaire, du moins en sélections, tellement il se montre régulier sur son flanc gauche. Dans un rôle de défenseur sur le papier mais souvent d’ailier sur le terrain, à charge pour les milieux défensifs de couvrir son couloir.

Au Chili, ce fils d’un père haïtien et d’une mère mapuche (ethnie autochtone) draine le soutien de la communauté haïtienne, devenue un fervent soutien de l’équipe nationale grâce à son représentant. « Olé, olé, olé, olé; Bose, Bose! », chantait-elle à Santiago lors de la qualification pour la finale mercredi.

Début 2010, lorsque survient le meurtrier tremblement de terre en Haïti, le joueur est marqué, mais aussi inquiet : son père, Coty Beausejour, travaille sur l’île caraïbe pour le compte de l’ONU. Le fils devra attendre plusieurs jours, rongé par l’angoisse, avant d’avoir des nouvelles rassurantes de son père.

Beausejour est l’un des joueurs les moins reconnus, mais l’un des plus charismatiques. C’est l’un des porte-paroles officieux du groupe, qui vient régulièrement s’exprimer devant la presse, à la manière d’un Vidal.

12 clubs, 6 pays

Mais s’il échappe aux paillettes, c’est aussi parce qu’il a du mal à se fixer, aussi prompt à déborder sur le terrain qu’à changer d’air. Depuis ses débuts dans la formation d’Universidad Catolica, il a connu au total douze clubs, répartis dans six pays (Chili, Suisse, Brésil, Belgique, Mexique et Angleterre)!

Beausejour a défrayé la chronique l’année dernière au Chili en passant de Colo Colo au grand rival de l’Universidade de Chile, devenu le dixième joueur à avoir revêtu le maillot des trois principaux clubs du pays. Un transfert qui a suscité des tombereaux de messages d’amour et de haine sur les réseaux sociaux.

C’est aussi cette relation qu’il a connue avec les supporters de la Roja, car il fut longtemps un des joueurs les plus discutés, en raison de tâches défensives peut-être pas assumées aussi bien que son apport offensif.

Et puis, il a fait partie fin 2011 de la bande des cinq exclus du groupe par l’ex-sélectionneur Claudio Borghi, et suspendus dix matches, après s’être présentés avec un retard de 45 minutes au rassemblement de l’équipe nationale, visiblement éméchés.

Mais dimanche contre l’Allemagne, en finale du tournoi russe, Beausejour reprendrait bien une coupe.

Credit: besoccer.com



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