La corruption semble dire à Jovenel Moïse : « Arrête-moi si tu peux »

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imageFrantz Duval Redacteur en chef du Nouvelliste

La corruption, on en parle beaucoup ces derniers temps. Le président Jovenel Moïse en a fait le principal ennemi du pays qui en a cinq : la corruption, la corruption, la corruption, la corruption, la corruption.

La corruption est cependant une activité concrète. Des comportements répréhensibles. Des bénéficiaires de deux camps égaux : celui des corrupteurs et celui des corrompus.

Ce mercredi, une fuite sur les réseaux sociaux a permis au grand public de savoir que la question de la surfacturation des kits scolaires commandés pour la rentrée des classes n’est pas enterrée. 

Si la commission d’enquête annoncée par le palais national sur le sujet n’a jamais donné signe de vie, le commissaire du gouvernement, dans une correspondance adressée au directeur général de la Direction générale des impôts (DGI), a ressuscité l’affaire. Le magistrat veut des informations sur les cinq compagnies citées dans le dossier. 

La démarche est sans nul doute tardive, toutefois elle a le mérite de raviver l’attention sur le premier scandale de l’administration Moïse-Lafontant. Un ministre, celui des Affaires sociales et du Travail, avait été démis de ses fonctions des suites des accusations portées dans le cadre de l’affaire de la surfacturation des kits.

Une autre affaire, révélée elle aussi via Whatsapp, la plus active des messageries, défraie la chronique. Des chèques tirés sur le compte du ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales ont été encaissés deux fois avec des montants substantiels. Toujours au ministère de l’Intérieur, un chèque encore dans le chéquier du ministère a été encaissé dans une banque de la place. Par ces subterfuges, des millions de gourdes ont été puisées sur le compte du ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales.

Cette fois, c’est la copie d’une très officielle lettre du ministre de l’Economie et des Finances adressée à son collègue qui a servi de point de départ à l’affaire.

Dans les deux cas, l’administration Moïse-Lafontant se retrouve au pied du mur et doit produire des résultats concrets pour donner du contenu à sa lutte contre la corruption.

Cette fois, il ne s’agit pas de soupçons contre les importateurs de produits pétroliers ni d’accusation contre les fournisseurs d’électricité ou les compagnies de travaux publics, là nous sommes devant des cas étayés de preuves. Des preuves que les organes de l’État ont collectées. Des responsables publics  portent les dénonciations. L’exécutif se doit de se mettre du côté de l’enquête pour trouver les coupables.

La lutte contre la corruption a besoin de soupçons, d’enquêtes, d’accusations, d’arrestations, de jugements pour avoir du sens. Sinon on passera des années à rejouer les scènes du film « Arrête-moi si tu peux » mais sans les personnages incarnés par Leonardo DiCaprio ou Tom Hanks ni le Happy end mis en scène par Steven Spielberg.

Edito du Nouvelliste





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