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Jusqu’au bout de la transparence…

imageRoberson Alphonse Journaliste Senior du Nouvelliste

Le contrat constitue la loi des parties. Il peut être dénoncé, renégocié ou résilié en fonction de mécanismes préétablis. Les contrats des fournisseurs indépendants de courant électrique à l’État, sous Michel Martelly, étaient qualifiés de «léonins». Cependant, la volonté de renégocier ne s’était pas matérialisée. Jusqu’au bout de l’effort, le premier des Tèt Kale n’a pas été. Jocelerme Privert, comme René Préval avant lui, n’en a jamais parlé.

Plus tenace que Michel Martelly, le président Jovenel Moïse veut renégocier. Il a le champ libre et un support de poids. Le Sénat de la République, dans une résolution adoptée mercredi, appelle à la renégociation des contrats des fournisseurs privés de courant électrique de l’Ed’H. L’instruction à charge contre ces contrats au Sénat a laissé au néophyte l’impression que l’État s’est fait plumer. 

Il n’a pas été souligné à l’encre forte, que cela a été fait, le cas échéant, avec l’assentiment de l’Etat. Il y a eu contrat. Avec, au moins, en ce qui concerne un contrat, appel d’offres international, un montage opérationnel et financier et des incitatifs fiscaux sur lesquels les contractants se sont entendus. Qui sont ces présidents, si l’on fait foi au discours dominant, qui se sont laissés avoir? Où est-ce qu’ils se sont vraiment fait avoir ? 

Quels rôles ont joué les TPTC, le MEF, l’Ed’H…dans ces opérations ? Si des sénateurs ont été scandalisés en entendant que des montants fixés dans la “lettre de crédit”-dispositif de garantie et compensation en cas d’accumulation de créances- à tel ou tel fournisseur ont été versés, certaines fois sans que le MEF instruise la BRH de le faire, ont-ils cherché à savoir plus ? Sur le coût d’amortissement d’équipements ou sur la validité des contrats de tous les fournisseurs privés de courant électrique ? 

Cela dit, la volonté de tout remettre à plat ne porte en elle plus que les germes de la vindicte. La dénonciation de contrat, dans son essence, n’est pas toujours tendre. Mais, pour que la boucle soit bouclée, ne serait-il pas utile que les responsables de ces compagnies soient reçus, auditionnés par le Sénat pour raconter “leurs vérités”, expliquer leurs vécus avec l’État ? Pour le public, l’exercice pourrait être plus que pédagogique. Il y aurait moins de zones d’ombre. D’autant que le président Jovenel Moïse, loin de donner l’extrême onction aux fournisseurs privés de courant électrique, avait annoncé que le secteur de l’énergie continuait son ouverture au secteur privé. 

Au nom de cette ouverture, que tout le monde joue la carte de la transparence, de l’intérêt collectif à protéger, de l’initiative privée à encourager en toute équité, sans volonté de donner des rentes à des affidés. Au carrefour de la transparence, l’une des caractéristiques de la bonne gestion, se trouve le Sénat de la République. Il est attendu avec autant de zèle pour demander des comptes, le rapport sur l’état d’urgence qu’il a demandé, que l’Exécutif a décrété en juin dernier. 

Il est attendu pour savoir quelle suite sera donnée au rapport de la commission d’enquête sur l’utilisation des fonds PetroCaribe. Parce qu’il faut ouvrir les livres de comptes, vérifier, le Sénat ne devrait-il pas braquer ses gros projecteurs sur les entreprises commerciales de l’Etat, sur les organismes autonomes dont les budgets, les états financiers ne sont pas systématiquement communiqués au public ? 

Ne devrait-il pas s’intéresser au fonctionnement d’organismes de la sécurité sociale comme l’OFATMA, l’ONA, du fonctionnement et de l’efficience, si tel est le cas, du Conseil d’administration des organismes de la sécurité sociale ? Quid des prêts et des placements de l’ONA effectués avec l’argent des patrons et celui des travailleurs abonnés à la précarité compte tenu des pensions modiques et des soins de santé ne répondant pas aux conditions associées à la vieillesse ? 

Les fronts sur lesquels sont attendus le Sénat et l’ensemble de la société sont nombreux. Entre les possibilités que l’exercice soit un show politique, une stratégie de positionnement au moment de renégociation de juteux contrats dans le secteur de l’énergie où on fait de la place à dáutre investisseurs potentiels. il faut espérer que le Sénat, à encourager dans cette initiative, aille jusqu’au bout de la transparence totale, non sélective, défende les intérêts du peuple haïtien.

Edito du Nouvelliste





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