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Privilèges des anciens présidents: Lettre de Jude Piquant au Père Miguel Auguste

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Cher père Miguel,

En effet, j’ai eu le même étonnement au regard du contenu de la lettre de plainte ou de complaintes de l’ancien président Privert se présentant comme victime d’une injustice d’Etat.

La première pensée qui m’est donc venue à l’esprit après avoir lu cette lettre: on ne se bat pas pour des privilèges qui ne sont pas des droits.

A mon humble avis d’observateur citoyen, il aurait été plus sage de la part de l’ancien président provisoire, compte tenu des conditions non éthiques dans lesquelles, il a eu le pouvoir de ne rien dire.

Il était, en effet, le président du Sénat participant lui-même aux travaux devant conduire à sa présidence. Il s’était mis en position et disposition politique et politicienne pour bénéficier du vacuum constitutionnel dont il était chargé avec son pouvoir de donner une solution. Tout le monde était au courant de ce mal éthique.

Mais il y a aussi une question de mémoire ! On ne pourra jamais oublier les tractations de la veille; cette longue nuit de ladite élection avec ses problèmes d’éthiques politiques et aussi les promesses de Privert sur les inventaires publics.

Non plus le grand silence complice de l’Eglise catholique, sur des questions morales, en effet, que posait l’election de M. Privert, dont l’allégeance était palpable, mais non élégante à la cause publique.

On pourrait même dire qu’une société idéalement incrustée sur une base éthique dont les principes sont les seuls garantis du bien commun politique, n’accepterait pas de donner à M. Privert une reconnaissance canonique (relative au pouvoir de l’Eglise catholique à travers le cardinal), et, politique ( à travers la Société civile notamment des organisations des droits de l’homme).

Ce serait ainsi plus noble et stratégique pour l’ancien président provisoire de garder le silence sur la demande des privilèges enlevés suite à la publication de l’arrêté présidentiel pris en conseil des ministres.

En s’adressant directement au Ministre de la justice dans une lettre de 4 pages, l’ancien président Privert, revendique le droit à la sécurité de sa vie. Cependant avec la litanie de ce qu’il présente comme carnet de bonne gouvernance politique, certainement tente-il surtout de réclamer ses privilèges politiques comme président provisoire.

Peut-on l’empêcher à réclamer ses droits à la sécurité comme tout citoyen? Non! Mais peut-on poser des questions éthiques de fond, autant sur les avantages réclamés par Privert, que sur les raisons d’assainissement public avancées par le gouvernement ? Oui. Et, oui encore!

Disons-nous que si le gouvernement, en effet, devrait révoquer les privileges de Privert, il devrait tout aussi retourner aux actes produits par la présidence de Privert. Or, l’on sait que ledit gouvernement est de l’émanation des actes politiques de la présidence provisoire de Privert, dont on coupe les vivres aujourd’hui. Une petite question lancinante: Jovenel voudrait-il punir celui qui l’a fait roi?

Alors que ladite lettre tente de justifier les travaux de la présidence provisoire, comme si ce n’était pas quelque chose de très normal à faire dans une période politique transitoire. Cela fait bien penser! Quand même la présidence de Privert avait l’allure d’un pouvoir ambitieux, on dirait sortant des élections. Privert avait pu bénéficier des privilèges importants avec sa famille et son clan politique; s’il vous plait des privilèges liés à leur fonction.

Pourquoi c’est toujours la technique politique qui prévaut chez nous? De graces, un peu de retenu éthique cette fois-ci quand même !

Ayant obtenu sa présidence, sous le couvert du vote au second degré des parlementaires, l’ancien président ne devrait même pas venir parler de constitutionnalité, avec une situation d’exception, expressément voulue, désirée, et, concoctée au parlement, dont les parlementaires d’ailleurs eux-mêmes, avec lui, sont sortis des premiers bénéficiaires.

Faut-il rappeler dans ce sens, pour ne pas nous laisser enfouir dans l’inconstitutionnalité que l’action parlementaire qui est même de nature politique, n’est pas nécessairement constitutionnelle. Ce qui s’était passé au parlement haitien était sans conteste un acte politique mais non une application constitutionnelle idoine.

De plus, les résultats des élections, dont les suspicions des plus plausibles demeurent et persistent à l’intelligence de la mémoire politique, critique, quant aux tractations de Privert à la veille des proclamations du grand gagnant. Le rapport de la commission présidentielle de vérification est encore dans nos esprits. Les commentaires étaient peu élogieux sur le rapport des commissaires.

Il est difficile de ne pas remémorer le climat politique de l’époque avec les joueurs- acteurs-profiteurs, facteurs, et, les enjeux de la crise politique d’alors.

Venons-en maintenant à la question de fond. Les privilèges peuvent-ils se justifier par rapport au droit constitutionnel, ou à la reconnaissance de la charité politique? La reconnaissance des privilèges semble n’exiger aucun déploiement de force politique, ou de démarche judiciaire, dans un climat politique éthiquement pourri et délétère.

Je regrette que l’ancien président Privert ait pu signer la lettre, avec tous ses anciens titres de haut fonctionnaire, ancien ceci, et ancien cela, en tout cas, au nom de son Secrétariat à la présidence.

Comme sage, au lieu d’en faire un procès, je laisserais plutôt à l’opinion publique de juger de l’opportunité et de l’inopportunité de la décision du Gouvernement Moise-Lafontant, pour prendre de la hauteur.

L’opinion jugerait avec les sédiments politiques ramassés, évidemment au cours de la période de transition, jusqu’aux actualités de l’election de Jovenel, s’il s’agirait de la revanche ou de la persécution politique.

Quoiqu’il en soit, cette lettre du Secretariat de l’ancien président Privert et l’arrêté publié dans le Journal officiel de la république, témoigne de la pathologie du pouvoir et des privilèges politiques dans le pays. Privilèges et injustices ne sont ils pas toujours des caractéristiques de l’exercice de tout pouvoir politique?

Il se trouve malheureusement que l’on ne fait pas de procès juridiques pour des privilèges politiques!

Jude Piquant





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