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Un coup d’œil sur la faillite relative d’Agritrans par agronome Michel William

Un coup d’œil sur la faillite relative d’Agritrans par agronome Michel William

Suite à l’article paru dans le nouvelliste du 21 mars 2017 relatif à la faillite d’AGRITRANS ,je tiens à produire la réflexion suivante :
Dans AGRITRANS Mr Jovenel Moise et Mr Martelly, et à travers eux , l’état haïtien, avaient fait un choix :Celui de produire pour l’étranger et pour un marché nich, une banane bio. Si une exploitation est à son début et qu’elle ne maitrise pas la technologie du bio, elle est dans la merde, car la compagnie étrangère qui est dans le commerce et qui achète votre produit, pratique aussi le commerce du temps et celui de la qualité. Elle n’a pas de temps à perdre avec les néophytes et c’est elle qui définit le niveau de bio qui lui doit être délivré. Si AGRITRANS ne réunit pas les conditions demandées , elle restera avec sa production de banane sur les bras. Je crois que c’est ce qui est arrivé à AGRITRANS. Elle est victime du choix du marché d’exportation et de la propagande bio orchestrée par les agronomes du groupe GRD et proche de la soi-disant gauche haïtienne.

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Le Nouvelliste a rapporté que AGRITRANS , citant le ministre des Finances Marie Carmel ,du groupe ACRA signalé par M William, avait reçu un prêt de 6 millions de dollars US de la FDI, arpentage gratuit de 1000 has, concession de 25 ans, mise à sa disposition de tracteurs et du personnel qualifié du MARNDR plus 500,000 gdes de subvention. Ce sont les avantages rendus publics. On ne connait rien des avantages non rendus publics. Concernant les avantages reçus par AGRITRANS, il n’y a rien de grave et rien de critiquable. Je l’ai toujours dit, l’état haïtien devrait même payer un agro industriel haïtien et pourquoi pas, les agriculteurs haïtiens en général pour produire, de la même façon dont il le fait pour le secteur de la sous traitance et de l’exportation en leur accordant des avantages économiques colossaux .Au contraire l’état haitien ferme ses yeux sur le crédit agricole accordé à 36 % aux petits agriculteurs haïtiens par les banques commerciales sur garantie du SYFAAH.

En effet le monde agricole est celui qui travaille le plus durement et qui ne jouit d’aucune sécurité. Le monde agricole fournit beaucoup plus de travail que la sous traitance et la population qui restent les pourvoyeurs de job formel et informel .Je demande, pourquoi, l’état haïtien n’adopte pas une politique de subvention des producteurs, dans le double but de créer du travail et de faciliter l‘augmentation de la production et de la productivité agricole. En tant qu’entrepreneur, je serais très conciliant envers AGRITRANS qui a reçu de l’état haïtien ce dont elle a droit pour participer à l’acte patriotique de production agricole. A une condition qu’elle fasse le bon choix, le choix qui aura des retombées positives sur la population et sur le pays tout entier.

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Voyons, bien gérée, la contribution de AGRITRANS à la formation du PIB. Lorsque la main d’œuvre était à 100 gdes h/j, un has de banane donne du travail à 302 h/j. Mille (1000 ) has donneraient du travail à 302.000 h/j en un an .Aujourd’hui qu’ un h/j coute 250 gdes, c’est 75 million 500 mille gourdes l’an injectées directement dans le milieu rural pour les 1000 has. Pour établir les infrastructures d’irrigation et autres, l’agro industriel doit avoir créé encore beaucoup plus de travail. Signalons que le cout d’un has de banane , il y a 10 ans ,était de 186.000 gdes, lorsque la gourdes se situait aux environs de quarante gourdes pour un dollar .Aujourd’hui avec 70 gourdes pour un dollar, le cout d’un has de banane devrait approcher les 300.000 gourdes.

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En terme de récolte et dans les conditions de la technologie haïtienne, un has de banane bien conduit, dans les techniques apprises au MARNDR, lorsque le MARNDR était le MARNDR, dure 24 mois ou deux ans. Après deux ans, il faudra refaire la plantation. Un hectare de banane donne sur une période de deux ans 2.960 régimes comme suit « A 13 mois, 1200 régimes. A 19 mois, 960 régimes et à 24 mois 800 régimes . A 300 gdes ,l’unité, la récolte de banane donne une rentrée de 888.000 gdes. Si on retire le cout de production de 300.000 gourdes, on a un bénéfice de 500.000 gdes. Sur 1000 has, le bénéfice sera de 888 millions de gourdes. Le bénéfice est trop élevé, parce que, lorsque l’état donne des avantages à des producteurs, c’est pour pouvoir faire baisser le cout à la consommation à partir de la productivité obtenue. Ce qui n’est plus le cas dans les politiques publiques agricoles encouragées par Préval 1, Boniface, Préval 2, Martelly et Privert.

Actuellement il y a 30.000 has de banane plantés en plaine et quelques 15.000 has en montagne, avec la disparition du café .Après le passage du cyclone Mathieu, il faut espérer moins de 20.000 has plantés seulement avec l’effort paysan. A noter que le rendement en montagne est de 4-tonnes/has, 8 tonnes en plaine, et 12-16 tonnes à l’Arcahaie. Au temps de la standard Fruit on arrivait jusqu’à 35 tonnes à l’has. Il y a cinq gros facteurs limitants à l’extention de la banane plantain : les boutures saines de banane ,l’engrais ,l’irrigation, le crédit et l’encadrement technique impossible à donner à cause de la nudité du MARNDR sur le terrain. Le MARNDR n’a plus de personnel technique sur le terrain. Depuis 2002 ,Cuba confrontait le problème des boutures de banane.La « FAO normale » aidant, cuba avait développé un centre de multiplication d’un million de drageons de banane tolérantes à la sigatoka Noir pour les producteurs de banane de l’ile. Ici on a affaire à une FAO croupion, qui vit de reliquats de la coopération internationale et qui nourrit la pauvreté et la sous production pour garantir sa propre survie. On peut aller plus loin encore en questionnant la politique cubaine de l’ancien Président René Préval qui n’a jamais cherché à tirer profit de l’assistance technique cubaine dans aucun domaine de la coopération agricole. Pourquoi pas un laboratoire de production de boutures de banane en Haïti et de la pêche avec Cuba qui en a une expertise légendaire ?. Même les techniciens haïtiens formés à Cuba ne sont pas casés ni dans l’état, ni dans le privé ou ne sont pas encouragés à monter leurs propres entreprises.

Si on revient avec AGRITRANS,cette compagnie ne devrait pas faire faillite, si elle avait recherché l’avis des spécialistes et des praticiens du terroir. Après deux ans c’est normal qu’il n’y ait plus de bananiers sur les terrains et que l’on relance la plantation. Là encore, les 1000 has d’AGRITRANS n’ont pas tous été travaillés , à peine 150 à deux cent has. Dans une politique continue d’alimentation du marché, les périodes de plantation devraient être échelonnées dans le temps pour qu’il n’y ait plus de rupture annuelle dans la livraison du produit fini. On ne sait rien de la mise en œuvre du reste des terrains. Quelle politique avait été prévue pour écouler les rejets de récolte ou pour les transformer au niveau local ? On avait assisté seulement à une distribution gratuite de figue banane mure à certains moments de de la campagne électorale. Si AGRITRANS avait fait le choix de produire pour le marché local, elle aurait utilisé la variété plantain, qui, avec la méthode PIF, (plant issus de fragmentation),lui permettrait de produire des plantules tolérantes à la maladie du sigatoka noir. Agritrans aurait produit pour le marché local . la Banane musquée bwa blan, bwa woz, bwa sonm ; Banane gwo grenn, banane baganêt,banane Grand Vincent, banane Poban,qui s’appelle encore, banan Tchiok, kiyèz,matenten,,masokor,gwos bôt,bêkêtê,,maman poul ) sur la frontière haitiano dominicaine.
Agritrans a décidé de suivre les suggestions des techniciens proches du Président Préval, menteurs comme l’ancien président lui même, pour induire la nation en erreur . Agritrans a opté pour le bio, oubliant en Haïti qu’ à date,tous nos essais de production BIO ont échoué (haitian Blue) Production maraichère chinoise dans la plaine du cul de sac, le système de riziculture intensive de Jean Robert Estimé (SRI ) dans la plaine du . ARITGRANS a été induite en erreur et a choisi la banane du GROUPE CAVENDISH plus résistante au mal de Panama qu’au Sigatoka noir. Dans le Cavendish on trouve ,la figue courte, la figue Barik ou poyo robusta. Actuellement il y a d’autres variétés produites dans les laboratoires de bio technologie et qui permettent de produire des variétés tolérantes ou résistantes à ces maladies. Je crois savoir qu’AGRITRANS avait commandé ses plantules de l’Equateur alors qu’avec Président Préval et les cubains ,Haïti pourrait produire ses propres plantules de banane en Haiti.
Si AGITRANS voulait produire de la figue banane pour le marché local, elle aurait pu choisir dans la figue banane :
1-Le groupe Gros Michel. Dans ce groupe on trouve, la figue « bayonette, » la fique »Jean jacques, la figue lougawou,grenn long, grenn kout, « plus résistante à la maladie du mal de Panama.
2- Le groupe Figue rack ou Figue Bouki,ou figue pomme. Cette variété est retrouvée dans le plateau central
3-Le groupe figue « Ti malice », en voie de disparition et retrouvé dans les caféteraies du Sud Est et de la Grand Anse ,dans les montagnes du Nord .
N.B-Cette recherche a été faite seulement en 30 minutes, parce que je le répète, » Mwen gen tout agrikilti peyi a nan odinatê’m. »Men politisyen ayisyen, pap koute mounn ki konen.Yo renmen an afê ak magouyê, pou fê yo volê kob nan pa pwodwi anyen pou konbat ensekirite alimantê

Références :
1-Vegetative seed multiplication Association Njombe Cameroon INIBAB
2-PIF method MARNDR Arcahaie ,Belladêre
3-Infomusa, revue internationale sur bananiers et plantains Vol 11 # 2 décembre 2002
4-Emission ,ki agrikilti pou ayiti nan sitiyasyon mache lib Radio Megastar 16 septembre 2007 Agr Michel William
5-Teknik pou fê jaden banan Emission 5 mai 2005 Michel William Radio Megastar
6-Experiences Entrepreneur agricole Michel William, Carl Déjoie dans Elevage poule, elevage cochon, cultures maraichères à Salaniac.
7-Trois multinationales américaines se partagent la production bananière en Amérique latine © RFO Margarett Perrin 18 janvier 2007
8-Pertes agricoles en banane cyclone jeanne MARNDR 2004

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