Culture

Gardy Brown : « l’art d’être Dj n’est pas celui d’insulter les femmes »

Gardy Brown : « l’art d’être Dj n’est pas celui d’insulter les femmes »

« Être Dj en Haïti, c’est être voué à une vie de débauche, se gaver d’alcool et s’adonner au sexe, c’est ce qu’on dit assez souvent. Comme si les DJ n’étaient pas éduqués. Et moi, Gardy Brown, je voudrais prouver à tous les gens qu’être DJ, tout comme être footballeur, chanteur, écrivain, c’est avant tout exprimer un art qui demande de l’intelligence », a déclaré le jeune étudiant et disc-jockey né en Haïti, Andy Brown Sénat, dans un bref entretien accordé au journal Le National.

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« Au début de ma carrière de DJ, mes parents y étaient hostiles. Ils ne comprenaient pas le côté artistique, émotionnel et économique de la chose. Je leur ai fait comprendre tout cela en discutant avec eux avec tout le respect que je leur dois. Malgré tout, ils ont encore des doutes quant à ma réussite dans ce domaine, c’est pourquoi je continue mes études universitaires en sciences juridiques à l’Université Quisqueya et je tiens à approfondir mes connaissances en langues vivantes pour lesquelles j’ai déjà décroché des diplômes », a fait savoir le jeune DJ, soulignant son amour pour son domaine artistique décrié par certains.

 « J’ai commencé ma carrière en tant que DJ en 2015. Je cherchais un nom qui s’accroche à ma personnalité. Je suis passé de DJ Brown à DJ Andy Brown. Je participais à un concours international de DJ à Santo Domingo appelé « Compétition DJ », organisé par le Comité des étudiants haïtiens (C.E.H) vivant à Santo-Domingo. Après délibération, j’ai atteint le top 20 des DJ haïtiens les plus populaires à Santo Domingo. J’y connaissais un énorme succès avant d’être connu sous mon nom de scène actuel, Gardy Brown », a-t-il dit, tout en informant qu’il a joué dans d’autres pays comme Cuba et qu’il souhaite agrandir son réseau sur sa page MySpace qu’il a créée afin de partager ses productions.

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Dans les propos du jeune Dj, on comprendra tout de suite que ce sont ses amis, fascinés par ce qu’il faisait, qui l’ont poussé à partager ses mixes de qualité sur des blogs très visités avec les internautes. On peut s’étonner aussi d’apprendre qu’il est intéressé au premier plan à la production et qu’il a passé le plus clair de son temps à créer des mixes. Il a expliqué qu’il a toujours été dans la musique, d’autant plus qu’il a grandi avec ses frères et soeurs plus âgés qui sont des mordus du son. C’est donc un jeune DJ avec un vaste monde d’influence, qu’il s’agisse des DJ haïtiens et étrangers, de DJ Fanfan, Valmix, Jack, Cash Cash (Haïtiens), tout comme Avicii, David Guetta, Armin van Buuren, Afrojack et tant d’autres.

Concernant la façon dont les DJ haïtiens rabaissent les femmes, le jeune DJ s’attache à l’idée de vouloir changer la donne. Pour lui, être Dj ne veut en rien dire qu’on est immoral. « Un DJ a une sensibilité, une moralité et une intelligence. Il peut être un bon père de famille, contrairement à ce que pensent les gens. Moi, Gardy Brown, je crois dur comme fer que l’art d’être DJ ne consiste pas à insulter les femmes », a-t-il nuancé, tout en laissant croire qu’être DJ n’est exclusivement pas un métier d’homme, car bon nombre de femmes partout à travers le monde se consacrent déjà à cet art.

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« Je suis Haïtien certes avant d’être DJ, mais je me vois toujours comme un DJ de la diversité, c’est-à-dire du monde, avec ses musiques house propres. Par le biais de mon art, je souhaite porter très haut les moindres énergies sonores de mon peuple tout en écoutant d’une oreille attentive la musique des autres », a fait remarquer Gardy Brown qui est, selon ses proches, un DJ aux doigts sonores.

Carl-Henry Pierre

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