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A quoi servent les élections?

A quoi servent les élections?

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A quoi servent les élections?

Cette question m’a interpellée dimanche quand je l’ai entendue de la part d’un invité à l’émission “Pi lwen, Pi fon” sur les ondes de Vision2000. Dans le contexte actuel, elle a toute son importance vu que le peuple est appelé récemment en ses comices afin d’élire un nouveau président et des sénateurs pour un tiers du Sénat. Depuis l’adoption de la Constitution de 1987, on a eu des élections. On a élu des présidents, sénateurs, députés, maires, CASECs et ASECs. Pour quels résultats? On clame haut et fort qu’il nous faut des élections pour la stabilité politique du pays afin de faciliter les investissements externes. La Communauté internationale a fait des élections un prétexte ou une condition sine qua non pour aider Haiti à sortir du sous-développement sans pour autant travailler sur des leviers de changement réel dans la vie des gens.  

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A quoi servent effectivement les élections dans le cas d’Haiti?  Sont-elles un piège à con comme le souligne Damien Theillier dans son article sur la  démystification des élections avec la théorie des choix publics? Theillier soutient que les élections font partie intégrante d’un marché politique. Les acheteurs de ce marché sont les électeurs qui recherchent des faveurs et des privilèges du gouvernement. Les politiciens sont les fournisseurs de ces faveurs et de ces privilèges, dans le but de satisfaire les intérêts de la majorité. C’est qui se passe apparemment dans un système politique idéal. Dans le cas d’Haiti, les élections font partie effectivement d’un marché politique. Cependant, ce ne sont pas les électeurs haïtiens qui recherchent des faveurs et des privilèges du gouvernement. Ce sont plutôt les politiciens, les malfrats de sorte et les grands manitous du secteur privé des affaires qui recherchent des faveurs et des privilèges de l’Etat. Ce dernier, via le gouvernement, devient le fournisseur de ces faveurs et de ces privilèges. 

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 Aujourd’hui, la population haïtienne est prise en otage d’un système politique qui génère des  élus non légitimes et qui sont incapables de prendre en considération ses problèmes réels. Si vous allez sur le site du CEP vous allez voir des maires, des sénateurs et députés élus avec seulement trois à quatre cent voix ou à mille et 4 mille voix sur une population électorale de plus de 6 millions d’électeurs. On organise des élections pour que nous ayons des institutions qui fonctionnent et œuvrent au bien-être de la population. Cependant, la réalité est tout autre dans le cas d’Haiti. On nous a dit qu’il nous faut un parlement fonctionnel pour l’équilibre des trois pouvoirs. On a beaucoup critiqué l’administration Martelly qui ne voulait pas d’un parlement qui n’était pas en sa faveur. On a qualifié Martelly d’apprenti dictateur parce qu’il ne voulait pas fonctionner avec un parlement qui représentait un bourrelet pour ses ambitions politiques. Les critiques étaient fondées et légitimes. Mais en regardant le parlement actuel on peut se demander si Martelly n’avait pas raison de vouloir se débarrasser de cette institution qui devient une espèce de foutoir où mardi-gras et bons masques se mélangent pour paraphraser la chanson carnavalesque de Boukman Experyans. Le parlement devient pour certains le lieu sacré pour obtenir la couverture d’immunité parlementaire. Organise-t-on des élections qui coûtent des millions de dollars pour aboutir à ce résultat ?  

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Le parlement est entré en fonction depuis le 2ième lundi du mois de janvier 2016 avec un coup de force et violant la Constitution. Depuis lors, à part l’élection de Monsieur Privert au pouvoir, pas une loi sérieuse n’a été votée. Nous avons un parlement amorphe qui n’arrive même pas à organiser des séances pour résoudre ses problèmes internes. Le budget rectificatif du gouvernement n’a pas non plus été voté au niveau du parlement faute de séance. Cela n’interpelle personne. Aujourd’hui, avec les élections prévues pour le 9 octobre 2016, l’avenir parait de plus en plus sombre. Que faire ? Comment créer du sens dans le non-sens que sont nos élections ? Comment motiver cette population qui devient de plus en plus indifférent à un exercice soi-disant démocratique qui n’œuvre pas vraiment en sa faveur ? Je n’ai pas de formule magique face à l’Etat de pourrissement de la situation. En effet, je pourrai encourager les gens à aller voter comme je le fais depuis tantôt 6 ans. Cependant, quelle garantie auront-ils que leurs votes seront effectivement respectés ? Dans ce jeu de poker/menteur, il nous faut réveil et un sursaut des gens de bien et silencieux qui souffrent en silence pour dire non à ce jeu de farceurs. Pour éliminer cette situation de marasme économique et politique, les élections doivent avoir lieu et nous devons être vigilants dans nos choix vu que les partis politiques nous envoient maintenant n’importe quel énergumène comme candidat. Toutefois, on ne résoudra pas les problèmes de ce pays avec ces élections de pièges à con. On les résoudra avec une société organisée et consciente de ces grands défis. Nous ne pouvons pas continuer à faire semblant de vivre avec un environnement délabré où la moindre pluie nous donne la peur au ventre. La machine de l’insécurité est en marche et chacun se demande à quand mon tour. Plus que jamais, il nous faut sortir de notre confort pour affronter la réalité et forcer nos élus à assumer leur responsabilité. Sinon, nous mourrons tous et nos enfants avec nous. 

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